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mercredi 29 mai 2019

Non à l’industrialisation de la Bio !


«Pas de tomate bio en hiver» : voici le mot d’ordre lancée ce mardi soir
par la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), la
Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, Greenpeace et le
Réseau action-climat. Avec, pour premiers signataires, une cinquantaine
de chefs et de restaurateurs.

Son but ? Obtenir du ministre de l’Agriculture l’interdiction de la
production de fruits et légumes bio hors saison, sous serres chauffées
au gaz ou au fioul, lors du prochain vote du comité national de
l’agriculture biologique en juillet.

Une «aberration gustative, agronomique et environnementale», plaquée sur
le modèle conventionnel productiviste. Qui serait contraire à la
philosophie de «la» bio telle que la concevaient les pionniers : un
«projet de société» respectueux de l’environnement et de la
biodiversité, qui valorise le lien social, avec une juste rémunération
pour l’agriculteur et des produits de saison pas suremballés dans du
plastique.

Non à l’industrialisation de la Bio !

Monsieur le Ministre de l’Agriculture, il faut interdire la production
de fruits et légumes bio hors saison !

Le marché bio se développe et les appétits aussi. Avec l’arrivée de
nouveaux acteurs économiques poussant des pratiques incompatibles avec
le cahier des charges bio, c’est tout le système qui est menacé !

Halte aux rendements à tout prix, oui aux saisons !

Depuis quelques mois, on voit se développer des projets de conversion
biologique de serres chauffées pour la production de fruits et légumes
hors saison (Pays de la Loire, Bretagne…). Ces projets en gestation vont
permettre de retrouver sur les étals de la tomate bio française en plein
mois de mars. Une aberration gustative, agronomique et environnementale
!

Le chauffage des serres est incompatible avec le label bio
Le cahier des charges bio impose le « respect des cycles naturels » et
une « utilisation responsable de l’énergie ». Chauffer sa serre pour
produire des tomates ou des concombres en plein hiver ne peut donc pas
être compatible avec l’agriculture biologique. Selon les régions et les
années, la saison de la tomate peut aller de mai/juin à
octobre/novembre, mais certainement pas en hiver.

Pour rentabiliser leurs serres chauffées, les industriels se
spécialisent sur un ou deux légumes à forte valeur ajoutée. En diminuant
la diversité des cultures, ils appauvrissent leurs sols et ainsi
contreviennent encore aux principes de l’agriculture biologique.

Mobilisons-nous pour lutter contre l’industrialisation de la bio !
Nous avons jusqu’au 11 juillet 2019, prochaine date du Comité national
de l’agriculture biologique, pour convaincre le Ministre de
l’Agriculture de lutter contre l’industrialisation de la bio en limitant
le recours au chauffage des serres à la production de plants et au
maintien hors gel, garantissant ainsi que la production reste de saison.

Ne discréditons pas le label bio : soutenons les paysannes et paysans
bio qui respectent les saisons, pas de serres chauffées pour produire à
contre-saison !

Signez la pétition pour demander au Ministre de l’Agriculture de
soutenir un encadrement strict du chauffage des serres en bio afin
d’interdire la production de fruits et légumes bio hors saison.

https://www.change.org/p/didier-guillaume-pas-de-tomate-bio-en-hiver-non-aux-serres-chauff%C3%A9es


http://www.fnab.org/

lundi 27 mai 2019

De Toulouse à Budapest, voyage au cœur de la jeunesse identitaire


De Toulouse à Budapest, voyage au cœur de la jeunesse identitaire

Partout en Europe, une frange extrémiste des jeunes se sent galvanisée par l’essor des leaders populistes.

Ils ont troqué les blousons noirs pour des vestes bleu fluo. Montrent leurs visages et abusent des réseaux sociaux. Lookés, visibles, presque mainstream. Chaque jour un peu plus, l’extrême droite des moins de trente ans aspire à incarner la norme et le nombre en Europe. De Toulouse à Budapest en passant par Rome, Berlin ou Vienne, ils se nomment Génération identitaire, Fidelitas, Lega Giovani… Ils ont 20 ans, parfois plus, souvent moins, et « assument ». Comme si la prise de pouvoir de leurs aînés les avait désinhibés.
En Hongrie et en Italie gouvernent Viktor Orban et Matteo Salvini. Marine Le Pen, elle, a déçu ses troupes en grimpant à 34 % « seulement » au second tour de la présidentielle française.
Si elles parviennent à s’allier au lendemain du scrutin du 26 mai, les droites radicales et conservatrices à l’extrême pourraient bien former l’une des principales forces au Parlement européen. Dans leur sillage, un pan encore marginal de la jeunesse d’Europe y voit « l’espoir » de ne plus l’être, un signe que ses idées, bientôt, domineront.
En France, les jeunes activistes de Génération identitaire avaient marqué les esprits en 2012, en occupant la mosquée en construction de Poitiers. Depuis, ils se présentent comme « le Greenpeace de droite ». Rien de moins. Sept ans après cette action fondatrice, qui a valu à quatre de ses membres d’être condamnés pour provocation à la discrimination raciale ou religieuse et dégradations de biens, le mouvement revendique 3 000 adhérents, contre quelques centaines de militants actifs.

Une nouvelle respectabilité à droite

« Ce que l’on vise, c’est une forme normalisée en restant fermes sur le fond », résume Clément Martin, le cadre trentenaire de Génération identitaire avec qui nous passons un premier « casting » pour que s’ouvrent les portes des fédérations locales. Entrée autorisée. A Toulouse, Thaïs s’avance. Petit pull rose, yeux bleus et cheveux blonds… On lui donnerait le bon Dieu sans confession.
Quelques semaines plus tôt, elle a passé près de 48 heures en garde à vue à Marseille. Sa première, qu’elle arbore comme un badge scout. Avec une vingtaine d’autres militants de Génération identitaire, Thaïs est aujourd’hui mise en examen pour « violences volontaires en réunion »« participation à un groupe formé en vue de la préparation de violences, de destructions ou de dégradations de biens » et « séquestration ».
Le 5 octobre 2018, la petite bande s’était introduite dans les locaux de SOS Méditerranée, une ONG qui vient au secours des migrants qui tentent la traversée, et est soupçonnée d’avoir vigoureusement délogé leurs occupants – ce qu’ils démentent. Thaïs, qui se verrait bien prof ou directrice d’école après ses études de langues, risque désormais l’inscription d’une première ligne sur son casier, à même pas vingt ans. Peu importe. Elle affirme être « en accord » avec ses idées, celles qui prônent « la préservation de l’identité française et européenne », et que « les nôtres » passent « avant les autres ».
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 Lire aussi  Qui sont les militants de Génération identitaire qui ont attaqué les locaux de SOS Méditerranée ?
Sa première expérience militante, elle la doit à la Manif pour tous. Ce grand moment de convergence entre droite et extrême droite sur les pavés a permis à Génération identitaire de s’offrir quelques recrues et, surtout, une nouvelle respectabilité à droite. Thaïs, elle, y a depuis gagné son nom gravé dans les toilettes de la faculté.

« Bataille culturelle »

A ses côtés, Aymeric Courtet serait presque jaloux. A 22 ans, lui qui a participé à quelques « actions nationales » se définit aujourd’hui comme un « ancien ». Il n’a pas pu « en être » à Marseille, car il attend un enfant pour l’été. Une « bénédiction », face à cette « immigration massive » qu’il voit comme une menace. Même si personne ne fait des enfants uniquement pour ça, « évidemment ». Ce vendredi soir d’avril, son appartement accueille un « cercle de lecture » militant. Lui a ramené Le Camp des saints de Jean Raspail, l’une des « bibles » de l’extrême droite qui raconte « l’invasion » de la France par des migrants. Thaïs a opté pour un ouvrage interne prônant la « remigration ».
Leur mouvement de jeunesse n’est pas un parti politique à proprement parler. Il joue la carte de la « bataille culturelle » et se félicite d’ailleurs de quelques « victoires idéologiques ». Comme cette proposition du président François Hollande de déchoir de leur nationalité les terroristes binationaux, qui avait fracturé la gauche après les attentats de novembre 2015.
L’actuel ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a lui carrément eu droit à une carte d’adhérent d’honneur, imprimée pour avoir jugé les ONG « complices »des passeurs. Sans compter, bien sûr, le Rassemblement national (RN) et sa tête de liste pour les élections européennes, Jordan Bardella, qui reprend mot pour mot certains slogans du mouvement.
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 Lire aussi  Castaner accuse les ONG d’être « complices » des passeurs
Des membres de Génération identitaire travaillent d’ailleurs pour l’ex-Front national (FN), sans toujours l’afficher officiellement. Matthieu Bontant, de son nom d’emprunt militant à Rouen, confesse ainsi du bout des lèvres avoir déjà donné « un ou deux coups de main » au parti lepéniste. Entre quelques photos prises pour eux ici, et quelques coups de com’ arrangés là. En 2015, il se présente sous l’étiquette FN aux cantonales sous son vrai nom, Balavoine… mais son deuxième prénom, Maurice – « pour des raisons professionnelles ». La normalisation a ses limites.

Actions symboliques à la communication travaillée

Rouen justement, où les identitaires se saluent main plaquée contre avant-bras : une tradition des chevaliers « pour vérifier qu’il n’y avait pas de dague ». Dans leur local du centre-ville à l’adresse gardée confidentielle, une salle de sport en sous-sol côtoie la fresque d’un arbre de vie et une tireuse à bières. Un local étudiant presque lambda si l’on n’observe pas de trop près les autocollants mêlant têtes de morts et slogans antimigrants, et que l’on n’écoute pas trop Thomas se confier sur son « malaise à Paris parce que, désolé, quand je vois des Noirs partout… »
Une parole raciste rarement assumée ainsi, de la part de ces jeunes qui se considèrent comme « l’élite » des militants identitaires. Leur credo : des actions symboliques à la communication très travaillée. Les mots sont choisis, les éléments de langage calibrés. Ici, « personne n’est islamophobe », mais tout le monde « lutte contre l’islamisation ». Personne n’est « raciste », mais le prétendu lien de causalité entre « extra-européens » et « délinquance » est répété à l’envi. « C’est simple : immigration massive, invasion migratoire, islamisation, terrorisme, attentat », assène professoralement Johan Teissier, 28 ans, aux jeunes militants attablés pour une « formation retouche photo » à Montpellier.
Génération identitaire tient tout de même à son actif une menace de dissolution par le gouvernement. Presque une publicité pour le mouvement, qui sait assez jouer avec la légalité pour rendre la tâche compliquée. « Si leur menace ne va pas jusqu’au bout, on y aura gagné une forme d’institutionnalisation », sourit le responsable national Clément Martin.
Un peu plus gênant : devoir se défendre d’un don de 1 000 euros de Brenton Tarrant, le terroriste australien ayant revendiqué l’attentat qui a coûté la vie à cinquante personnes dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, le 15 mars. Finalement, les responsables politiques français n’ont pas été si nombreux à s’insurger. Le mouvement lui-même s’attendait à « bien pire ».

Influenceur mode, tendance hipster

En Autriche, la « star » des jeunes identitaires, Martin Sellner, a lui aussi eu affaire à la police pour avoir reçu du terroriste présumé un don un peu plus important. Graphiste à la formation philosophique et à l’éducation bourgeoise, l’Autrichien tout juste trentenaire est assez habile pour recycler les vieilles idées de l’extrême droite avec un bon marketing. En avril 2018, il avait d’ailleurs participé à la virée très médiatique des identitaires français dans les Alpes, à grand renfort de vidéos prises d’hélicoptère et de banderoles antimigrants déployées à la frontière.
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 Lire aussi  Les identitaires font la guerre de la com aux migrants
En réalité, Martin Sellner est surtout actif sur les réseaux sociaux, où ses comptes prennent les allures inoffensives d’influenceur mode, tendance hipster : il est le pur produit web 2.0 d’un quart de siècle de banalisation des idées d’extrême droite en Autriche.
Depuis l’arrivée au pouvoir des amis de Jörg Haider en 2000, le pays restera comme le pionnier d’un basculement le dépassant désormais largement. A Vienne, l’islam est aujourd’hui sur toutes les lèvres et l’activisme de Génération identitaire Autriche (IBÖ) fait énormément parler de lui, alors que les liens entre ses trois cents militants et le parti de la liberté (FPÖ) sont évidents. « Nous ne cherchons pas à faire carrière en politique, affirme Martin Sellner. Nous nous considérons comme les précurseurs d’une idéologie d’avant-garde, comme des défricheurs à la droite du FPÖ. Nous voulons installer l’idée d’une remigration, réfléchissons à la manière d’installer nos idées au cœur du débat politique. »
La même « bataille culturelle » est revendiquée par la jeunesse d’extrême droite au Danemark, où voilà bien longtemps que le mouvement nationaliste s’est normalisé. Depuis 2015, la fondatrice du parti du peuple danois (DF) Pia Kjærsgaard préside même le Parlement. Et les liens entre le parti et son mouvement de jeunesse (DFU) sont assumés.

Mise en avant de l’héritage chrétien

Christian Bülow, de la direction jeunesse, assure ainsi que « le parti nous écoute, parfois nous consulte et tient compte de notre opinion. » Le 27 mars, Kristian Thulesen Dahl, le patron de leurs aînés de DF, avait d’ailleurs fait le déplacement dans le sud du royaume pour assister au congrès de la jeunesse de DFU et mobiliser les troupes avant les européennes et le scrutin législatif, prévu le 5 juin.
L’événement se tenait à l’étage d’un restaurant dans le centre historique de Velje (Danemark). Sur des banderoles bien visibles à l’extérieur, le Viking barbu, manches retroussées et bras croisés – symbole de l’organisation créée en 1995 et forte d’un peu plus de 500 adhérents – accueille le visiteur. Pas l’ombre d’un manifestant aux alentours. Dans la grande salle aux murs blanchis à la chaux, une centaine de militants ont pris place autour de longues tables en bois, entonnant un classique du répertoire national : La chanson danoise est une jeune fille blonde. De jeunes hommes, en grande majorité, sont venus de tout le pays pour participer aux débats dirigés par le président de DFU, Chris Bjerknæs, 29 ans, ainsi que son prédécesseur, Peter Kofod, député et tête de liste de DF aux européennes.
A la tribune, les questions se succèdent : sortie du Danemark de l’Union européenne (UE) – une majorité vote pour, contrairement à DF qui a abandonné le principe d’un référendum sur le « Dexit » ; renforcement de l’enseignement de l’histoire à l’école – pour ; l’audiovisuel public contre lequel DF est en guerre ouverte ; mise en avant de l’héritage chrétien et de l’identité danoise dans l’enseignement scolaire – contesté, mais adopté ; retour de la peine de mort – le vote est finalement reporté…
« Nous voulions éviter un scandale », précise Christian Bülow, pour qui la lutte contre l’immigration est la priorité : « Trop de gens qui arrivent au Danemark refusent d’abandonner leur religion et leur culture et essaient de transformer le pays. » Jeremy Bo Pedersen, costume noir et cheveux gominés, approuve : « Le problème, selon moi, ce sont les musulmans. » L’étudiant en journalisme vient de fêter ses 20 ans.

« Pour que l’Europe ne devienne pas une Eurabie »

Ce discours radical convainc moins la petite jeunesse danoise que ses aînés : le 31 janvier, 800 000 collégiens ont voté lors des « élections scolaires », au Danemark – un entraînement à la démocratie grandeur nature, organisé avant les véritables scrutins dans les pays scandinaves. DF a obtenu 8,4 % des voix… contre 26,6 % aux dernières européennes de 2014.
Même piètre attractivité en Allemagne, où l’extrême droite ne prend pas particulièrement chez les jeunes. Aux législatives de septembre 2017, 8 % des 18-24 ans ont voté pour Alternative für Deutschland (AfD), qui a obtenu 12,6 % des voix. Die Linke, le FDP (libéraux-démocrates) et surtout les Verts sont bien mieux représentés chez les moins de 24 ans, alors que l’AfD surperforme plutôt chez les 35-59 ans. Et le mouvement de jeunesse du parti d’extrême droite allemand en est bien conscient.
Berlin, samedi 4 mai. Des cars policiers et quelques gros bras gardent l’entrée du congrès de l’AfD. A l’intérieur, des tracts et des cartes postales reprennent les affiches du parti pour les européennes, et notamment cette reproduction du tableau du peintre français Gérôme Le marché aux esclaves (1866), sur laquelle une jeune femme blanche, nue, est entourée de deux hommes barbus portant des turbans et de ce slogan : « Pour que l’Europe ne devienne pas une Eurabie ».
David Eckert, le président de la fédération berlinoise de la Junge Alternative, l’organisation de jeunesse de l’AfD, est présent, lucide sur la situation actuelle de l’AfD, qui plafonne dans les sondages pour les européennes autour de 10 %. A 27 ans, lui estime que les affaires auxquelles doit faire face le parti, notamment les accusations de financement illégal, pèsent énormément : « Les sondages seraient meilleurs si nous agissions avec plus de professionnalisme. » Il n’imagine d’ailleurs pas de chancelier AfD en Allemagne, « peut-être un vice-chancelier, mais pas avant une bonne dizaine d’années ».

Salvini « rajeunit » la Ligue

Son modèle à lui est autrichien : Heinz-Christian Strache, alors vice-chancelier d’extrême droite. Le jeune Allemand le trouve tout simplement « super » : « Le parcours du FPÖ autrichien nous montre la voie à suivre ici pour l’AfD en Allemagne. C’est un parti qui a su se professionnaliser et avoir une vraie base sociale, et qui est aujourd’hui au gouvernement avec les conservateurs. »
Quelques semaines après notre rencontre, Heinz-Christian Strache est contraint de démissionner du gouvernement et de la présidence du FPÖ sur fond de scandale, samedi 18 mai. Des images tournées en caméra cachée, en 2017, le montrent expliquer à une femme se présentant comme la nièce d’un oligarque russe comment financer de manière occulte son parti. L’extrême droite finit par quitter le gouvernement autrichien.
Les (autres) voisins au pouvoir sont évidemment autant d’exemples que ne se prive pas de brandir la jeunesse d’extrême droite européenne, pour affirmer que « c’est possible » et que la population serait de leur côté.
Coqueluche favorite, avec ses 32 % à 35 % d’intentions de vote et ses déclarations tapageuses sur les migrants, l’islam et l’UE : le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini. Lui qui plaisait surtout aux Italiens du Nord les plus âgés a su séduire les jeunes partout en Europe. Et pour cause, le très extrême chef politique de la Ligue les choie 365 jours par an, à coup d’interminables séances de selfies et de publications en continu sur les réseaux sociaux. Au point qu’il est parvenu à supplanter son partenaire de gouvernement, le Mouvement 5 Etoiles (M5S), qui avait cimenté son ascension en dédaignant les médias traditionnels pour déployer l’essentiel de son activité politique sur Internet.
Arrivé fin 2013 à la tête d’une formation autonomiste vieillissante et marginalisée politiquement, Matteo Salvini a opéré en quelques mois un spectaculaire rétablissement, « rajeunissant » l’image de la Ligue du Nord en mettant l’accent sur le rejet de l’Europe et, surtout, de l’islam et de l’immigration.
Dernier exemple, fin avril, lors d’un meeting sur les bords du lac de Côme. Le ministre de l’intérieur italien fait monter sur scène un couple d’Italiens, venu avec ses six enfants, avant d’haranguer la foule d’accents « grand remplacistes » assumés : « C’est ça, l’Italie pour laquelle nous travaillons : que les enfants naissent ici et non qu’ils arrivent tout faits par bateaux depuis le bout du monde. La substitution d’un peuple par un autre, que soutient une certaine gauche, ça ne me plaît pas. » Un discours identitaire carburant sur la crainte de la submersion migratoire, qui progresse dans un pays où la démographie est au plus mal (449 000 naissances en 2018, soit 1,3 enfant par femme) et que des dizaines de milliers de jeunes adultes quittent chaque année.
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 Lire aussi  Italie : les provocations et l’esquive de Salvini face à la célébration de la chute du régime fasciste

En Hongrie, une véritable armée de réserve

Mais c’est la très conservatrice droite hongroise de Viktor Orban, qui est certainement la plus emblématique, tant les « adulescents » militant pour le premier ministre sont l’incarnation de cette droite radicale passée de la marginalité au mainstream. Voilà neuf ans que leurs idées sont au pouvoir et Fidelitas, l’organe de jeunesse rattaché au parti Fidesz du premier ministre, compte plus de 100 000 membres.
Viktor Orban lui-même offre une attention particulière à ce réseau solide, qui recrute les mineurs dès 14 ans et jouit d’un maillage local constitué de plus de 200 groupes. Un vivier pour renouveler sans cesse ses équipes, à qui sont même reversés deux pourcents du salaire net des députés et des élus du Fidesz ; une véritable armée de réserve, qui constitue la plus grande organisation de jeunesse en Europe centrale.
« Et on y entre plus vraiment pour des raisons idéologiques », affirme Dalma Dojcsek, de l’ONG de défense des valeurs démocratiques TASZ. Aujourd’hui, ajoute-t-elle, s’engager dans la droite radicale en Hongrie, c’est tout bonnement « la voie royale pour faire carrière ». De l’extrémisme, au carriérisme.
Quand ils ne sont pas motivés par des raisons opportunistes, les militants de Fidelitas, souvent issus de familles anticommunistes, sont d’abord mus par une haine de la gauche. « Ma génération a été traumatisée quand, en 2006, les socialistes au pouvoir ont mené le pays à la faillite à coup de mensonges adressés au peuple », explique Adam Balazs, 25 ans et conseiller auprès de la secrétaire d’Etat à la famille, Katalin Novak, l’une des figures politiques montantes.
C’est l’une des particularités et peut-être un enseignement du cas hongrois : la crise, plus violente qu’ailleurs, a été largement imputée aux erreurs du gouvernement de l’époque. Au point que ses héritiers politiques ne s’en sont jamais relevés, et ont laissé place à une nouvelle génération. Beaucoup plus extrême.

vendredi 3 mai 2019

Même pour les libéraux la liberalisation de l'electricité fonctionne mal (pas) !

Article du tres liberal

«Nucléaire: le champ de bataille du prix de l’électricité». La chronique de Frédéric Gonand

«Nucléaire: le champ de bataille du prix de l’électricité». La chronique de Frédéric Gonand
Depuis quelques mois, le petit monde de l’énergie s’agite sur l’avenir d’un dispositif mis en place il y a dix ans, l’ARENH (Accès Régulé à l’Energie Nucléaire Historique). Ce mécanisme permet aux concurrents d’EDF d’acheter l’électricité produite par les centrales nucléaires à son coût de production et non à son prix sur le marché de gros. Son but consiste à rétablir la concurrence entre les fournisseurs alternatifs et la filiale commerciale d’EDF. Concrètement, quand le prix sur le marché de gros est inférieur au coût de production (fixé à 42€ par megawattheure), le dispositif ne sert à rien - ce qui a été le cas en 2016. Mais quand le prix de l’électricité sur le marché de gros redevient supérieur à 42€/MWh, les concurrents d’EDF se précipitent sur le dispositif de l’ARENH dont l’accès est rationné. C’est la situation actuelle.
Le gouvernement a annoncé une réforme de l’ARENH l’année dernière. La Cour des Comptes, la Commission de régulation de l’énergie, l’Autorité de la concurrence ont rendu leurs rapports, ce qui fait beaucoup de rapports publics. Le gouvernement a semblé enterrer la réforme le 4 avril dernier. Mais le débat continue à couver.
Pour les fournisseurs alternatifs, l’ARENH est toujours trop cher et trop contraignant : c’est de bonne guerre. Pour EDF, l’ARENH le prive d’une valorisation de marché de son électricité nucléaire : ce n’est pas faux. Pour l’Autorité de la concurrence, un rationnement du dispositif pèserait sur la concurrence : ce n’est pas complètement impossible mais ce n’est pas sûr non plus. Pour la Cour des Comptes, il convient d’aménager le dispositif : ce n’est pas très original. Pour la Commission de régulation de l’énergie, une évolution de l’ARENH aurait peu de chance d’améliorer la concurrence entre fournisseurs historiques et alternatifs. Surtout, le régulateur de l’énergie estime que le problème est l’absence d’incitation des concurrents d’EDF à investir dans des moyens de production d’électricité concurrents au nucléaire. Et l’ARENH n’apporte aucune réponse à cette question.
Au total, l’ARENH ne paraît plus favoriser autant la concurrence aujourd’hui que dans le passé. Par ailleurs, elle assèche les liquidités sur le marché de gros et ne favorise donc pas un bon fonctionnement des marchés. Et elle n’a pas renforcé les investissements dans la production d’électricité au cours des dernières années. Bref, l’ARENH n’apporte plus aujourd’hui de réponse pertinente aux problèmes actuels du secteur.
L’économie de l’électricité est chose complexe et frustrante. On espère toujours sortir du monopole pour tirer profit des bénéfices du marché. Mais les marchés ne fonctionnent pas bien dans ces secteurs où les coûts fixes sont énormes et les effets d’échelle très importants. Des rustines réglementaires sont alors inventées pour tenter de renforcer la concurrence malgré tout : hier le TARTAM, aujourd’hui l’ARENH. Ces dispositifs fonctionnent fatalement mal. L’idéal serait un modèle où un régulateur puissant contraint un opérateur historique efficace. La réalité est asymptotique : elle se rapproche de cet idéal, sans jamais pouvoir l’atteindre.
Frédéric Gonand est professeur d’économie – Université Paris-Dauphine.

jeudi 2 mai 2019

Centrale a charbon , vers un mix bois/ charbon !

 Le gouvernement a décidé de ne pas fermer les centrale a charbon de manière administrative mais de réglementer la durée de fonctionnement des centrales émettant plus de 550 gCo2.KWh, en réduisant progressivement leur durée de fonctionnement, les rendant économiquement pas viables. il évite ainsi une couteuse indemnisation dit il.
Mais ce système ouvre la voie à le reconversion de ces centrales  au mix 50% charbon , 50 % biomasse.
La combustion du bois ou la biomasse est administrativement classée à 0 gCo2/KWh au lieu de 1500 gCo2/KWh comme le voudrait la bonne rigueur scientifique (voir ici, le mythe de la neutralité charbon du bois énergie)
La combustion du charbon fait un joli 900 à 1000 g Co2/KWh.
Donc 50 % de 1000 + 50 % de zéro, cela vous donne 500 gCo2/KWh.
Avec un mix pareil, votre centrale n'est plus restreinte dans la nouvelle loi énergie et son exploitation peut continuée.
Reste que cela coute cher l’électricité au bois (100 €/MWh).
Mais l’électricité au charbon est donnée  (20 € /MWh).
Le mélange des deux vous fait du 60 €/MWh.
Le prix de l’Électricité est de 30 à 70 €/MWh selon l'heure et la  période de fonctionnement
Reste a trouver un peu de subventions, et a les faire tourner en pointe.
Et l'on peut continuer a polluer avec un mix réellement à 1250 gCo2 /KWh, le plus polluant de France !
Et l'on peut continuer à déforester au nom de l'écologie sans opposition massive qui se concentre sur le moins polluant de tout, l'éolien et le photovoltaïque !
Autant de bêtise si cela finit pas en génocide c'est qu'un miracle c'est produit.






 Article extrait de Bati Actu:

Sortir du charbon et diminuer le nucléaire


Dans la même veine, les centrales à charbon seront peu à peu poussées vers la retraite "sauf si elles étaient strictement nécessaires pour assurer la sécurité d'approvisionnement". Le projet de loi prévoit de définir un plafond d'émissions pour les installations de production électrique qui dépasseront le seuil des 550 grammes de CO2 par kWh, limitant leur durée de fonctionnement au-delà du 1er janvier 2022. Le dispositif ne serait pas contraignant mais mettrait un terme à la rentabilité financière de ces centrales. Un moyen "plus sécurisé" pour mettre un terme à leur exploitation qu'une "fermeture administrative", juridiquement plus complexe. Un accompagnement spécifique des salariés des quatre dernières unités françaises (deux pour EDF et deux pour Uniper) sera mis en place, y compris pour les sous-traitants.



Article de Des Echos

Le gouvernement pense avoir trouvé le bon outil juridique  pour sortir du charbon . Le projet de loi relatif à l'énergie et au climat, présenté ce mardi en conseil des ministres, prévoit de plafonner, à compter du 1er janvier 2022, les émissions de CO2 pour les centrales électriques dégageant plus de 550 grammes de CO2 par kilowattheure. Le dispositif vise les cinq dernières tranches produisant de l'électricité à partir de charbon - trois à EDF et deux à Uniper France. « Selon la performance de l'installation, cela donnera une durée autorisée » de fonctionnement, indique-t-on au ministère. 
Concrètement, « le plafond tel qu'on imagine le faire va baisser par 5 à 7 le nombre d'heures d'utilisation, qui tourne aujourd'hui entre 3.500 et 4.000 heures », dit-on dans l'entourage du ministre. Chaque centrale pourrait ainsi continuer à produire de l'électricité pendant 500 à 700 heures, un niveau que le gouvernement juge insuffisant pour assurer leur rentabilité, ce qui entraînerait leur fermeture. Les unités au charbon n'ont produit que 1,1 % de l'électricité l'an dernier, mais l'exécutif a fait de leur fermeture un symbole de la transition énergétique.

« Base légale »

« Une base légale commence à se dessiner mais c'est tard et on regrette que le gouvernement maintienne l'idée d'une date butoir. La bonne idée aurait été de coordonner les arrêts  . A défaut, le risque est grand de devoir importer de l'électricité carbonée », juge Luc Poyer, président d'Uniper France. « Le dispositif proposé pour les centrales à charbon ne garantit pas en l'état la tenue de l'engagement d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire la fermeture effective de ces centrales au plus tard en 2022 », critique Anne Bringault, du Réseau action climat (CLER).

mercredi 24 avril 2019

Le lanceur d'alerte de Notre-Dame s'exprime sur les conséquences de l'incendie


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INTERVIEW EXCLUSIVE. L'ingénieur du CNRS Paolo Vannucci, auteur d'un rapport classé "confidentiel défense" en 2016 sur les risques d'incendie dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, répond aux questions de Batiactu sur les effets destructeurs du sinistre du 15 avril 2019 et sur les possibilités de reconstruction de l'édifice gothique.

Batiactu : Vous ne pouvez pas vous exprimer sur les causes de l'incendie de Notre-Dame de Paris puisque l'enquête est en cours, mais quel est votre sentiment actuel ?
Paolo Vannucci : L'accident est probablement lié aux travaux. L'élément déclencheur je ne le connais pas mais l'incendie dans les combles a eu des effets catastrophiques dont l'effondrement de grandes parties de la voûte. Nous avions mis en évidence ces risques à l'époque, en 2016. Plus récemment, nous avons publié un autre article, cette fois sur la résistance au vent de Notre-Dame de Paris. Mais aujourd'hui, sa structure est changée, puisque la charpente a disparu, ainsi qu'une partie des voûtes. Aussi nous nous interrogeons sur les effets d'une exposition à des vents violents. Le modèle numérique a été mis à jour afin de procéder à des simulations, même s'il est difficile de connaître l'état exact de matériaux qui ne sont pas homogènes.

Batiactu : Et quelles sont les premières conclusions de ces calculs ?
Paolo Vannucci : Il y a une importante perte de résistance au vent, de l'ordre de 60 %. La vitesse des vents critiques que la cathédrale pouvait supporter avant un effondrement des voûtes était de 222 km/h avant l'incendie. Elle n'est plus que de 90 km/h aujourd'hui ! Il existe bien sûr des incertitudes sur ces données, mais Notre-Dame a réellement perdu de sa capacité de résistance. Et cette situation va perdurer pendant les semaines ou les mois qui viennent. Les voûtes ont été exposées à des hautes températures, et les pierres et mortiers ont subi des dommages. La résistance en compression a été amoindrie. Des tests devront être réalisés pour savoir s'il est possible de seulement restaurer ces voûtes ou s'il faut les reconstruire entièrement.

Batiactu : A votre connaissance, des destructions similaires ont-elles déjà eu lieu ?
Paolo Vannucci : En France, il y a eu trois exemples connus. En 1836, la cathédrale de Chartres a subi un incendie pendant un chantier de maintenance. C'est un copié-collé de la situation à Notre-Dame. Les combles ont été détruits par un feu impossible à arrêter, et tout s'est transformé en brasier en 20 minutes. A la cathédrale de Reims ensuite, en 1914, qui a été bombardée par les Allemands. Les dégâts faits par les 288 obus étaient inférieurs aux destructions vues à Notre-Dame de Paris ! En 1972 enfin, la cathédrale de Nantes a eu sa charpente brûlée pendant une opération de maintenance, elle-aussi. Et d'autres monuments que des cathédrales ont été endommagés récemment par des incendies de charpentes : le château de Lunéville et le palais du Parlement de Bretagne à Rennes.

"Des ouvriers ont reconnu qu'il leur arrivait de fumer sur les échafaudages"


Un article du Canard enchaîné du 24 avril 2019 revient sur le sinistre qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris. Plusieurs pistes sont évoquées, dont le fait que des ouvriers aient reconnu, d'après le palmipède, avoir fumé sur les échafaudages. La police aurait ainsi retrouvé sept mégots. Devrait également être exploré le fait que des cloches électrifiées étaient installées dans la flèche qui est tombée. "Rien ne permet d'affirmer que l'alimentation électrique de ces carillons ait connu un court-jus à 18h04 [heure à laquelle ils ont tinté pour la dernière fois, NDLR]. Mais cette hypothèse est prise au sérieux par des experts de la cathédrale." "Une conjecture renforcée par le fait que des ouvriers ont posé dans les combles une partie des échafaudages de la flèche. Avec le risque d'abîmer, par mégarde, des câbles et des branchements", continue le Canard.

L'hebdomadaire satirique revient également sur une éventuelle défaillance humaine quant à la première levée de doutes - l'alerte incendie a effectivement sonné une première fois à 18h21, puis à 18h30. Après la première sonnerie, "le régisseur et un agent de sécurité de la cathédrale se sont trompés d'endroit et n'ont donc rien pu détecter !", assure le journal. "Aucun rapport avec un bug informatique. Ils accusent aujourd'hui l'employé du PC sécurité (de la société Elitys) de leur avoir fourni des infos erronées. Ce que démentent, furax, les patrons d'Elitys contactés par le Canard."

Batiactu : Les chantiers de reconstruction de ces monuments peuvent-ils servir d'exemple ?
Paolo Vannucci : A Chartres, la charpente a été reconstruite en acier, car c'était le matériau à la mode au milieu du 19e siècle. A Reims, c'est du béton armé qui a été choisi, là aussi parce que le matériau était en vogue au 20e siècle. Pour Notre-Dame de Paris, il faudra tout d'abord observer la charte internationale de Venise (1964) sur la conservation et la restauration des monuments historiques, qui oblige à reconstruire à l'identique. Il faudra ensuite suivre la mode du moment, qui se trouve être la construction écologique en bois. Ce qui colle bien avec la cathédrale. Il n'y a pas, pour moi, de raison structurelle à changer de matériau. La charpente en bois s'est bien comportée pendant huit siècles. Et il existe encore des cathédrales gothiques avec charpente d'origine.


Batiactu : On entend certaines voix d'architectes ou d'ingénieurs qui militent pour de nouveaux matériaux comme le métal pour la charpente…
Paolo Vannucci : Faire plus léger n'est pas forcément une bonne idée. La structure sous-jacente a été réalisée en pierre pour supporter une charpente en bois et une couverture en plomb. La légèreté n'est pas un critère pertinent, puisque la cathédrale n'est pas située en zone sismique. Au contraire même, une toiture légère devra résister au vent, avec une grande surface de 10 mètres de hauteur. Pour ne pas qu'elle s'envole, il faudrait donc l'ancrer solidement dans la structure existante. Imposer une solution moderne ne sera pas la meilleure des choses. Nous avons aujourd'hui de très bonnes technologies et un savoir-faire très fort, notamment chez les Compagnons du devoir.

Batiactu : Mais le président de la République a promis un délai de 5 ans pour reconstruire Notre-Dame. Ce délai est-il tenable avec des solutions traditionnelles ?
Paolo Vannucci : Il faut savoir qu'à l'époque ils n'ont pas mis beaucoup plus de temps pour assembler la charpente. Avec les moyens d'aujourd'hui - de calcul, de préfabrication en usine, de transport, de levage - ce délai est largement faisable. J'ai même trouvé que c'était une bonne idée du président qui a le mérite de donner un coup de fouet. Il faut s'y mettre et concentrer l'attention de toute la nation. Le lamellé-collé, en sapin ou en mélèze, pourrait être une solution, même si le chêne est plus rigide et résistant. Si la structure en pierre est conservée, ce sera possible, en tout cas pour que le gros-œuvre soit achevé. Après tout, le Colisée de Rome a été bâti en 6 ans !

Batiactu : Pour le matériau de couverture, faudra-t-il également refaire une toiture en plomb ?
Paolo Vennucci : On pourrait opter pour du cuivre, comme à Chartres, mais il vire au vert. L'acier zingué est envisageable, pourquoi pas, tant que le métal à la même couleur que la toiture d'origine. Le tout sera de respecter la charte de Venise. Et de déployer des systèmes de protection incendie performant

Près de Reims, un nouveau procédé à partir de bois pour remplacer le charbon

Des travaux pour la construction d'un ensemble de production d'énergie à partir de bois ont débuté mardi près de Reims (Marne), un projet présenté comme une première mondiale et qui vise à se substituer au charbon dès 2020.
Cette usine, d'un coût de 100 millions d'euros, doit permettre d'éviter les émissions dans l'atmosphère de 230 000 tonnes de CO2 par an et de créer à terme quelque 350 emplois, une quarantaine sur le site de Pomacle-Bazancourt et le reste dans la filière forestière de la région Grand-Est.
Dès octobre 2020, une unité produira des granulés de bois obtenus par vapocraquage. Ce procédé breveté consiste à soumettre du bois broyé à une forte température et à une forte pression puis à libérer soudainement la pression pour transformer le bois en poudre. Ces pellets remplaceront le charbon utilisé jusqu'ici pour le chauffage d'environ 130 000 habitants d'un quartier rémois.
Cette unité alimentera aussi une centrale de cogénération qui produira à la fois de l'électricité - 90 GWh par an, soit l'équivalent de la consommation domestique de 30 000 habitants - et de l'énergie thermique sous forme de vapeur et d'eau chaude pour nourrir à la fois l'unité de biocombustible et une usine agro-alimentaire voisine. Les 350 000 tonnes annuelles de bois proviendront d'un rayon de 150 km autour du site marnais.
"Notre région est en train de s'affranchir du charbon", s'est exalté le président de la région Grand-Est, Jean Rottner. Présente pour le lancement des travaux, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire Emmanuelle Wargon a pour sa part salué un projet "enthousiasmant et exemplaire", "une belle réalisation issue du meilleur du privé et du public".
Pour Jean-Baptiste Marin, président d'Européenne de Biomasse - qui porte le projet avec la société d'investissement Meridiam, et Banque des Territoires-Caisse des Dépôts et Consignations - l'usine de Pomacle-Bazancourt est destinée à faire des petits sur toutes les régions forestières de France sur un marché qu'il estime à 16 milliards d'euros, "en augmentation de plus de 10% par an"

Main Basse Sur L'Énergie - version intégrale


mardi 16 avril 2019

8 mai 2019: Privatisation des barrages: Résistance !

8 mai 2019: Privatisation des barrages: Résistance !

Le 8 mai est la célébration de l’armistice et de la résistance. Le programme du Conseil National de la Résistance prévoyait la nationalisation des barrages hydrauliques. Le désir à l’époque était dans finir avec les monopoles privés, la cacophonie, le manque d’investissements et de vision à long terme du privé. Aujourd’hui le gouvernement veut vendre à Total, Engie ou d’autres multinationales privés étrangères les barrages français, les lignes à haute-tension et ENEDIS (la distribution, les compteurs).
La privatisation du gaz a augmenté de 60 % le prix du gaz, celle des autoroutes de 50 %, pour l’électricité il sera de même !
Le changement climatique va rendre l’eau des barrages vitale. 80 % de l’Eau De France en réserve est dans ces barrages. Le privé vendra l’eau et fera payer à la collectivité le remplissage estivale du lac de Serre-Ponçon ! L’eau des barrages venant de la pluie, ils auront ainsi privatisé même la pluie !
La concession EDF de Serre-Ponçon courre jusqu’en 2045  mais il est envisagé de privatiser l’entité barrage au sein EDF. EDF va être scindée en multiples morceaux, les beaux allant au privés, les mauvais au public. 150 barrages seront déjà vendus aux multinationales comme TOTAL qui souhaite s’accaparer cette électricité la moins chère et l’Eau De France. Nous appelons la population a résistez ! Quand tous sera privés , nous serons privés de tout !
Nous vous invitons à nous rejoindre ce 8 mai 2019 pour acter la résistance à la vente des barrages aux privés ! Le rendez-vous est fixé à 11 h à Savines devant la statut électrique pour déposer une action symbolique.
Puis nous convergerons au barrage avec pour rdv à 13 h nous irons pique niquer au barrage au muséoscope, belvédère du barrage….
Nous sommes un collectif « Ne nous laissons pas tondre » initié par les Gilets Jaunes du 05, ouverts à toutes organisations, habitants voulant garder des biens communs….
Dans cette folie d’accaparement, il s’arrêteront là ou NOUS les arrêterons ! Venons nombreus(es)  contre la privations de tous les barrages !
Tous les renseignements, Nos propositions sur www.privatisation-barrages.fr

dimanche 7 avril 2019

Lancement d'un site de résistance à la privatisation des barrages français

http://privatisation-barrages.fr/
La privatisation des barrages français est lancée après les aéroports, la Française des jeux, c'est au tour de la vente à la découpe des barrages. Cette découpe du marché de la production de l'électricité commencée dans les années 2000 arrive en phase terminale:

EDF a été coupé en trois:
1) le transport de l'électricité c'est à dire les autoroutes de l'électricité (RTE), nos fameuses ligne à haute tension. Voir articles ici
2) la distribution ENEDIS: les voies secondaires de l'électricité, https://www.bastamag.net/Dans-l-energie-la-greve-contre-une-future-privatisation-dont-tres-peu-de-medias
index


3) EDF la production d’électricité c'est à dire :les centrales nucléaires et les barrages. Entité qui va être couper en deux: les centrales nucléaires d'un coté et de l'autre les barrages.
De ces trois bientôt quatre morceaux, juste le nucléaire doit rester public , normal il est pas rentable et personne ne veut investir dans le nucléaire dont le démantèlement et la gestion des déchets vont couter une fortune.
Contrairement aux barrages qui coutent chers au début (la construction) , peu ensuite , le nucléaire coute cher au début (construction) peu en fonctionnement, mais très cher à la fin (démantèlement). Mais le nucléaire coute pas cher en frais actuellement et produit beaucoup. Les multinationales de l'énergie se sont aménagés un accès à l'électricité nucléaire pas cher via l'obligation faite à EDF de vendre 25 % de son électricité à ses concurrents à prix bas ! EDF est obligé de brader son électricité nucléaire au privé qui le revend aux particuliers !
repartition-des-parts-de-production-denergie-en-france-edf
  Les barrages français sont les bijoux de famille de l'entreprise publique: amortis, souples , ils remplissent de nombreux services: agriculture, tourisme, refroidissement centrales nucléaires, ils permettent aussi de répondre à la pointe électrique.

L'électricité a maintenant sa bourse et les prix fluctuent. En fonction de la demande et de la production. La demande est facile a prévoir, mais la production est plus complexe avec l'arrivée des énergies renouvelables fluctuantes. Les barrages font office de variable d'ajustement.
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Les barrages privés seront incités à vendre au plus haut. Quand les cours seront bas ils fermeront les vannes. Ceux qui souhaiteront qu'on les ouvrent paieront. Les barrages se remplissent avec la pluie, nous en arriveront par conséquent à une privatisation de la pluie !

Un climat plus chaud est plus sec, l'eau des barrages va devenir une ressource vitale. Dans un contexte d'incertitude financière grandissante, il est clair que les multinationales souhaitent transformer les actifs financiers virtuels en bonnes et vieilles infrastructures réelles.

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Nous proposons sur ce site, une série d'informations, textes, documents, vidéos sur le sujet: à vous de vous faire votre propre opinion !
Nous nous proposons de résister:
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Si cette privatisation vous indigne, vous révolte, vous pouvez:
  • participer à des actions symboliques: la première a lieu le 8 mai 2019 au lac de Serre Ponçon, où nous avons besoin de monde pour l'organisation et la manif
  • Partager les informations et documents
  • Financer nos actions
Qui sommes-nous? Initié par les gilets jaunes des Hautes-Alpes, un collectif appelé "Ne nous laissons pas tondre" est ouvert à tous. Notre mail est info@privatisation-barrages.fr


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http://privatisation-barrages.fr/

Développement personnel versus action collective



Au beau pays des gens heureux, il est récurant de dire que le bonheur dépend des gens uniquement. Le remède le développement personnel, les solutions sont individuelles et non collectives.
* Happycratie (Eva Illouz et Edgar Cabanas)