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mardi 8 octobre 2019

Ce que nous avions à dire à ceux qui bâtissent la technopolice

Ce que nous avions à dire à ceux qui bâtissent la technopolice

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Rappel : La reconnaissance faciale s’apprête à déferler en France. Pour documenter et résister à ces déploiements, rendez-vous sur technopolice.fr et son forum !
Mardi 24 septembre, La Quadrature était conviée à la « vingt-quatrième journée technico-opérationnelle de la sécurité intérieure », qui se tenait dans un amphithéâtre bondé de la Direction générale de la gendarmerie nationale. Ces rencontres sont organisées tous les six mois par le ministère de l’intérieur, et celle-ci avait pour thème : « reconnaissance faciale : applications – acceptabilité – prospective ».
Les rencontres « technopolice » sont marquées par un fort entre-soi, mêlant fonctionnaires du ministère de l’intérieur, chercheurs et industriels de la sécurité (à l’exception de la Quadrature, un avocat critique était également invité, ainsi que deux personnes de la CNIL qui s’en sont tenu à un simple rappel du droit applicable). Et dans cette atmosphère feutrée, notre intervention semble avoir détonné, comme en témoigne le compte-rendu de cette journée publié par l’Essor, le journal des gendarmes.
Nous étions sincèrement reconnaissants de l’invitation, et contents d’assister à des présentations fournissant des informations de première main qui sont autrement très difficiles d’accès pour les militants ou chercheurs travaillant sur ces questions. Nous l’avons rappelé en introduction de notre propos. Mais pour nous, l’enjeu était aussi de faire valoir une parole dissonante et de rappeler que, au moment où la reconnaissance faciale s’apprête à déferler dans nos sociétés, ces échanges entre opérationnels et développeurs industriels devaient faire l’épreuve de la controverse.
Voici donc une sorte de verbatim plus ou moins fidèle de notre intervention…

« Merci de votre invitation. De tels échanges sont trop rares. Et en dépit des désaccords fondamentaux, ils ont le mérite de créer un peu de porosité entre nos mondes.
La Quadrature du Net est une association fondée en 2008 pour résister aux formes de contrôle d’Internet qui allaient à l’encontre des libertés publiques. Aujourd’hui, nous nous rendons pleinement compte de la justesse des combats des années 1960 et 1970, où des groupes militants associaient l’informatique à la domination bureaucratique. Ils l’associaient à un régime technocratique plutôt que démocratique, non pas fondé sur l’autonomie et la liberté mais sur l’expertise alléguée de quelques hauts pontes formés dans les écoles d’élite.
Ce régime technocratique est toujours le nôtre. L’insistance mise sur le critères d’efficacité lors de cette journée l’illustre de bien, de même que l’extrême faiblesse de la prise en compte des aspects non seulement juridiques et éthiques, mais aussi proprement politiques de technologies comme la reconnaissance faciale.
La domination technocratique évite la confrontation démocratique. Ces 24ème rencontres « Technopolice » en fournissent là encore un exemple : aucune information ne doit filtrer, les participants étant astreints à un « engagement de non-divulgation ». De même, la présence en ligne de ces rencontres qui existent depuis années est quasi nulle. De fait, aucune information ne filtre. Une confidentialité qui entache tout ce dont on discute ici d’un grave déficit de légitimité démocratique, alors même que tout cela est incontestablement d’intérêt public.
Indirectement, l’extrême discrétion qui entoure cet événement nous a été utile, nous permettant d’utiliser le mot « technopolice » pour lancer, avec d’autres acteurs associatifs, notre propre campagne le 16 septembre dernier. En inscrivant le terme dans un moteur de recherche pour voir si nous étions les premiers à vouloir l’utiliser, nous avions découvert des traces de ces rencontres, mais si peu nombreuses que nous avions alors pensé que ce n’était pas un problème que de reprendre ce terme à notre compte (et ce n’est que quelques mois plus tard que nous recevions votre invitation à venir ici aujourd’hui…).
En écoutant vos présentations, nous mesurons une nouvelle fois le fossé qui sépare la réalité des usages de l’informatique dans le cadre de la surveillance d’État, et les informations publiques qui filtrent à leur sujet. C’est justement contre ce secret que notre campagne vise à documenter les projets technopoliciers, et à permettre à chacun de se mobiliser pour dire notre refus collectif de ces outils de contrôle qui essaiment partout en France.
Ces technologies sont très largement développées dans le cadre de la recherche publique, parfois au travers un contournement assumé du cadre juridique applicable en Europe. C’est par exemple le cas lorsque des chercheurs français travaillent avec des homologues chinois pour perfectionner leurs algorithmes de reconnaissance faciale grâce aux bases de données de visages de citoyens chinois. Ou, comme on l’a appris ce matin, quand le gouvernement français passe un accord de sécurité avec celui de Singapour afin qu’un industriel français puisse passer outre les réserves de la CNIL et expérimenter le scan en temps réel sur les visages d’une foule dans un hub de transport de la ville-État. On ne peut s’empêcher de voir dans ces manœuvres un écho pas si lointain des expérimentations et mesures d’exception pratiquées à l’époque coloniale sur les peuples colonisés, avant d’être réimportées en métropole.
Outre la recherche publique, ces développements technologiques sont pilotés par des personnes en situation relevant plus ou moins directement du conflit d’intérêt, avec de nombreux croisements et hybridations entre secteur public et privé. Ils aboutissent aujourd’hui à des expérimentations locales hautement subventionnées pour assurer la compétitivité des industriels français sur ce marché porteur. Le tout, là encore, sans information transparente ni vrai débat public. Rien ne doit entraver le progrès de la technopolice.
La question de la légalité de ces outils est aussi largement éludée. Et quand elle est abordée, c’est toujours pour évoquer les restrictions que le cadre juridique existant imposerait à leur développement, et non sur les atteintes graves et injustifiables que ces outils portent à nos libertés fondamentales. Nos libertés d’expression, de manifestation, d’aller et venir sont pourtant bien en jeu ici, tout comme notre droit à la vie privée. Il faut s’interroger sur l’atteinte intrinsèquement disproportionnée à nos libertés que représente un outil comme la reconnaissance faciale, disproportion que souligne d’ailleurs la ville de San Francisco dans son ordonnance qui en interdit l’usage à ses policiers : « La propension de la technologie de reconnaissance faciale à mettre en danger les droits civils et les libertés civiles l’emporte largement sur les avantages escomptés (…) ». Il faut aussi s’interroger sur la compatibilité des dispositifs fantasmés par la Préfecture de police de Paris et bien d’autres avec la jurisprudence du Conseil Constitutionnel qui soulignait, déjà en 1993, l’illégalité de « pratique de contrôles d’identité généralisés et discrétionnaires ».
C’est pour cette raison que nous avons déjà déposé deux recours, pour lutter contre la normalisation et la banalisation d’un tel outil : l’un contre la délibération de la Région Sud autorisant une expérimentation de portiques biométriques dans deux lycées, l’autre contre l’application AliceM, développée par le ministère de l’Intérieur, et qui veut faire de la reconnaissance faciale une la clé de voûte d’une future identité numérique.
Sans doute aimeriez-vous que, face à l’inéluctabilité de nouvelles lois destinées à encadrer les dispositifs présentés aujourd’hui, nous puissions offrir des conseils sur ce que seraient des lois « socialement acceptables » et « juridiquement soutenables » ? Le Forum Économique Mondial et le Conseil national du numérique nous ont eux aussi proposé (sans succès) de participer à une série de dialogues sur l’encadrement de la reconnaissance faciale. Un peu plus de transparence, un semblant de contrôle par la CNIL, une réduction des biais racistes et autres obstacles apparemment « techniques » auxquels se heurtent ces technologies, et l’on croit possible d’assurer un compromis « éthique » entre la défense automatisée de l’ordre public et l’État de droit.
Ces projets de loi viendront. Le pouvoir politique y sera réticent car, sauf à instrumentaliser les enjeux de sécurité (ce dont il est certes désormais coutumier), il n’y a généralement pas grand-chose à gagner à faire passer des lois de surveillance. Pour notre part, il est probable nous soyons une nouvelle fois contraints de travailler sur ces projets de loi sécuritaires, pour défendre les droits humains et limiter la casse. Pour utiliser le droit dans le but d’entraver au maximum l’usage de ces technologies.
Mais nous vous le disons tout net : après y avoir réfléchi, nous considérons que la reconnaissance faciale et autres technologies technopolicières doivent être proscrites. Elles mènent l’humanité vers une pente dangereuse, en permettant d’insidieuses formes de contrôle au bénéfice de quelques maîtres, seuls capables de « réviser les paramètres » des machines à leur service.
Plutôt que de discuter des modalités d’un « encadrement approprié », nous exprimons donc notre refus vis-à-vis de ces technologies policières. Nous pensons à nos grand-mères et à nos grand-pères qui, s’ils avaient du vivre au début des années 1940 dans un monde saturé des technologies que vous fabriquez, n’auraient pas survécu plus de trois semaines dans la clandestinité, et n’auraient donc pas pu organiser des réseaux de solidarité dissidents pour résister au régime nazi.
Nous disons notre refus car pour nous, la sécurité c’est d’abord des logements dignes, un air sain, la paix économique et sociale, l’accès à l’éducation, la participation politique, l’autonomie patiemment construite. Et que ces technologies n’apportent rien de tout cela. Elles semblent d’abord et avant tout conçues pour vider nos régimes politiques de tout essence démocratique en assurant un téléguidage de nos conduites. Sous prétexte d’efficacité, elles aboutissent à déshumaniser encore davantage les rapports qu’entretiennent les bureaucraties policières avec la population.
C’est peut être l’une des premières fois que, vous tous qui travaillez depuis longtemps sur ces déploiements technologiques, vous êtes confrontés a une opinion réellement dissonante. Peut être y verrez-vous le signe de l’inutilité de ce type d’échanges. Nous espérons qu’au contraire, vous comprendrez qu’il s’agit d’une confrontation nécessaire trop longtemps retardée – retardée jusqu’à nous mettre pratiquement dans la situation du fait accompli. Vous ne pourrez plus y échapper. Vous devez entendre notre refus ».

lundi 7 octobre 2019

La centrale à bois de Gardanne, la complaisance de la Commission régulation de l'Energie

La centrale a biomasse de Gardanne lancée en 2012 ne fonctionne toujours pas. Elle doit bruler du bois pour faire de l'électricité. Elle devait en produire 8000 heures par an (90 % du temps) 130 MW électriques et rejeter 250 MW de chaleur perdue dans l'atmosphère plus faire circuler 200 camions de bois par jour, des bateaux venant d’Amazonie avec de l’eucalyptus transgénique comme l’aime le néonazie local. 
Chaque KWh produit est acheté 11.5 c€ soit plus cher que le kWh produit par un particulier. Oui le petit producteur celui qui a installé un panneau photovoltaïque en autoconsommation au fond de son jardin et qui réinjecte sur le réseau. 
Ce tarif a été justifié par le fait que la centrale aiderait le réseau PACA. Il manquait soi-disant de centrale de production d’après la CRE, mais d’après RTE tout va bien depuis qu’elle a tiré des lignes THT plein la face sur la région !!!
Le contrat ne précise aucune pénalité pour le propriétaire en cas de non-production. Un oubli fâcheux car depuis trois ans elle produit peu: 1600 heures en 2018 (20 % du temps) . Moins de 600 heures en 2019 (8 % du temps).

Cliquez dessus pour l'avoir en grand :




Depuis son lancement officiel, la centrale produit de moins en moins.  Elle ne sert pas a stabiliser le réseau. On voit bien au contraire qu'elle le déstabilise avec ses démarrages erratiques et arrêts brusques. La biomasse est appréciée par les gestionnaires de réseau par sa stabilité de production contrairement au photovoltaïques ou éolien. On voit sur cette courbe de production Biomasse PACA, lorsque la centrale de Gardanne ne fonctionne pas la production de biomasse est régulière.
Moralité la centrale de Gardanne déstabilise le réseau, soit l'inverse des raisons qui ont motivées la CRE à donner 1.5 milliards de subventions pour cette centrale.
Et que fait la CRE face a cet échec patent : rien.
La vérité est cruelle elle ne marche pas. Mais comme pour l'EPR le réacteur nucléaire de Normandie il ne faut pas l'avouer. L'entêtement est une caractéristique de nos dirigeants qui nous mène aux génocides dans l’entêtement le plus total. Dans un monde de communication, la réalité n'est pas le facteur le plus important. Pour eux il suffit de faire comme si.
Mais la technique que nos dirigeants vénèrent et ignorent à la fois est bien la plus têtu. Des roues carrées ne seront jamais fonctionnelles. 2+2 ne feront jamais 5 même si BFM et France inter le disent.
Alors que fait la CRE, pourquoi persiste t'elle cette mascarade. Résumons: nos seulement la centrale ne soutient pas le réseau mais l'absurdité écologique est grandiose :
La centrale doit cramer du bois d’Amazonie mélangés à de la poussière de charbon pour faire de l'électricité avec un rendement net (Énergie grise déduite)  de 20 % : 4  arbres gaspillés, un utile.


Le tout dans la zone ou l’air est la plus polluée de France ce qui a valu à la France d’être condamné comme les riverains qui passe leurs retraites en chimiothérapie (j'en connais pleins !).

Mais comme pour l'EPR personne ne veut dire la vérité : « le roi est nu ! »ou « cela ne marchera jamais ! » . La technique reste quoi qu’on en pense, un défi humain fait de mille collaborations, une intelligence collective. La gestion capitaliste déshumanisée des grandes multinationales aboutie a des monstres bureaucratiques sous des couverts de management. Ces monstres font preuves comme toujours dans l'histoire d’incompétence crasse. 
Pour faire des mauvais burgers cela peut encore le faire.  Mais quand cela devient plus compliqué l'échec est patent.
Mais revenons à notre pathétique centrale :
Comment justifié son maintien après un échec aussi flagrant ?
Actuellement le PV permet à la région de se passer en journée de la centrale à charbon pour faire la pointe électrique de la journée. L’ironie de l’histoire est que c’est le particulier avec son panneau dans le jardin qui fait la pointe. Lui son contrat est beaucoup plus contraignant que celui de la centrale a biomasse, il a 18 mois pour se mettre en production sinon le contrat est rompu.

La CRE commission régulation de l’énergie est une entité anti-démocratique, créé comme la Banque Centrale Européenne dans le but de réduire la démocratie. L'objectif est que les élections ne puissent pas changer la politique de l’énergie. Elle gère des milliards d'argent public de manière privé. Sa mort est comme la centrale de Gardanne a revendiquer haut et fort avec les chefs d'accusation: antiécologique, corruption, gaspillage d'argent publics, incompétences, anti-démocratique, bourrage de mou….

Le plus drôle c’est qu’elle va bientôt lancer une taxe sur le particulier (comme en Espagne, taxe sur le soleil qui a mis fin au photovoltaique en espagne suite a la protestation des centrales à gaz)  qui met son panneau photovoltaïque au fond du jardin en l’accusant de déstabiliser le réseau.

A en pleurer de rage mais il fera bientôt trop chaud pour pleurer….

Mais au fait on s'en fout de la déforestation, tant que les mougeons* ont leur smartphones, jeux vidéos, culture ou sports, tout va bien …

*(mi pigeons, mi moutons)