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jeudi 17 septembre 2020

Le porte parole du bois énergie dit qu'il faut couper le foret pour le climat

 Couper du bois est bon pour le climat dit le redacteur en chef de bois énergie

En tout cas c'est bon pour son buisness !!

Pourquoi il faut couper durablement les forêts pour stabiliser le climat

Editorial du Bioénergie International n°67 de l’été 2020

Abattage sélectif de petits résineux, photo Valtra

La lutte contre le changement climatique nous oblige à abandonner les énergies fossiles au profit des renouvelables. Concernant la plus utilisée des énergies renouvelables dans le monde, le bois-énergie, il faut commencer par préciser le sens des termes exploitation forestière et déforestation qui sont souvent utilisés avec confusion. La déforestation, c’est quand on supprime les arbres d’un sol pour y faire autre chose : du pâturage, du soja, de la canne à sucre, de l’huile de palme ou un aéroport. Dans ces cas, le plus souvent, le bois n’est même pas récupéré et est brûlé sur place en pure perte et avec moult pollutions. L’exploitation forestière est quant à elle pratiquée pour récupérer le bois, qui sera utilisé comme matériau de construction ou pour substituer des énergies ou des emballages non-renouvelables.

Ensuite, il faut savoir que les forêts non exploitées ne stockent que très peu de carbone en dehors de leur propre volume sur pied établi. En effet à maturité, à part une infime partie du carbone forestier qui parvient à se stocker dans le sol sans se dégrader, l’immense majorité de ce que les arbres captent est relarguée par putréfaction. Le puits de carbone tourne alors à vitesse très réduite, voire à l’envers, comme certaines forêts aujourd’hui qui larguent plus de carbone qu’elles n’en captent à cause du réchauffement climatique. Par ailleurs, les forêts peuvent aussi perdre brutalement la totalité de leur stock sur pied, involontairement comme ce fut le cas lors des incendies monstres en Australie en 2019, ou volontairement comme c’est le cas actuellement en Amazonie dans le cadre de la politique agricole expansive du gouvernement brésilien. Les forêts peuvent enfin également perdre tout leur stock sur pied suite à un ouragan ou à des maladies comme on en observe de plus en plus ; dans ces cas une grande partie du carbone ne sera pas collectée et retournera à l’atmosphère. Face donc à la faible capacité de stockage additionnel des forêts matures et aux risques croissants de perte brutale de tout leur stock, il est donc prudent et efficace pour le climat de ne pas conserver de trop grands volumes sur pied.

Dans le domaine énergétique, tout bois utilisé comme combustible assure un besoin et évite le recours à une énergie fossile. Après la coupe et la combustion, le stock de carbone emmagasiné par le bois ainsi utilisé n’existe alors momentanément plus. Par contre quelques mois plus tard, la forêt va progressivement repousser, toute seule par régénération naturelle ou par replantation, et le stock initial va se reconstituer au terme d’un cycle d’exploitation du bois qui va de 10 à 30 ans pour une application combustible seule, les cycles de 50 ans ou plus n’étant utiles que pour le bois d’œuvre. Ainsi, au terme de ce cycle, en utilisant le carbone du bois qui se renouvelle en quelques années au lieu d’un carbone fossile qui aurait été extrait définitivement à l’échelle humaine, le bilan global d’émission de CO2 montre une émission évitée proche de la quantité qui aurait été émise si on n’avait pas utilisé le bois, c’est la « neutralité » carbone de la biomasse. Je dis proche, et non pas égale, car il faut tenir compte de l’énergie non-renouvelable utilisée pour produire du bois-énergie (4 à 15 %), ainsi que du facteur d’émission de l’énergie fossile à laquelle on se compare.

Par ailleurs, pour que cette exploitation soit pérenne et inépuisable, il faut prélever globalement sur un territoire au plus ce que fournit l’accroissement naturel du bois sur ce territoire (de 3 à 12 m³/ha/an en France selon les peuplements et les régions).
En termes environnementaux, et de biodiversité en particulier, notons que le bois-énergie est l’une des seules utilisations du bois qui n’exige aucune essence ni aucune forme de bois en particulier. Il ne nécessite donc aucune monoculture, se satisfait très bien des feuillus, de la sylviculture et de la régénération naturelles qui sont de surcroît gratuites !

En conclusion, l’utilisation du bois comme combustible, si elle déstocke momentanément le carbone forestier, active par contre la pompe forestière à CO2 qui permet, indéfiniment à notre échelle de temps, de produire un carbone renouvelable. Non exploitées, les forêts matures ont à l’échelle du temps humain peu d’influence positive sur le taux de carbone de l’atmosphère. Leur cycle biologique croissance-mort-putréfaction et les accidents restituent tôt ou tard une grande partie du carbone qu’elles ont accumulées. En d’autres termes, on travaille ici sur un stock « vivant » de carbone, un stock limité mais renouvelable, dont l’utilisation a un effet bénéfique, et non pas neutre, sur le stock de carbone dans l’atmosphère, en évitant de mettre à l’atmosphère du carbone fossile pour des millions d’années et d’aggraver la situation. C’est pour cela que dans la situation climatique présente, il faut consommer durablement du bois-énergie et couper durablement les forêts !

Frédéric Douard, rédacteur en chef

lundi 14 septembre 2020

Bourse électrique

 


Le développement des énergies renouvelables et l'entretien des centrales nucléaires dépens... dela bourse, l'avenir est donc coté au casino !
Article à lire:

Une problème et une question se pose : (mon fils de 9ans sait la résoudre
1) si l'etat perd 500 millions d'euros a cause de la baisse du prix de l'électricité (l'etat complète le différentiel prixelec enr et prix d'achat),
2) SI EDF perd 2 milliards dans le confinement...et décide à cause de cela de faire des économies de maintenance !!!
3) Si le consommateurs a vu sa facture pas bougé
La question est, cette argent aurait t'il terminer dans une (ou plusieurs) poches ?

Les crocodiles se mangent entre eux pour mieux nous plumer

 L’eau potable sera un enjeu citoyen et géostratégique des années à venir…

Dans ce cadre, il faut que l’Etat joue son rôle de préservation de l’intérêt commun, et bloque l’OPA de Véolia sur Suez.[1]

Alerte concernant l’OPA de Véolia sur Suez. Elle a été transmise par les syndicalistes de Suez. Ils  disent que la fusion entre ces deux entreprises provoquera à coup sûr un immense plan social. Plusieurs milliers de femmes et d’hommes, travailleuses et travailleurs des réseaux d’eau, d’énergie et de la collecte des déchets seraient laissés sur le carreau.

Véolia est la première entreprise privée pour la gestion de l’eau et de son assainissement.

Suez est la deuxième.

Leur fusion ne répond à aucune nécessité du point de vue de l’intérêt général. Elle ne créera aucun bienfait pour ces réseaux si vitaux. Pour satisfaire la commission européenne, Véolia pourrait même être obligé de revendre une partie de nos réseaux d’eau à un fond de pension.

Antoine Frérot, le patron de Veolia, a déjà anticipé que l’Autorité de la concurrence n’accepterait pas ce rapprochement en France - il laisserait trop peu de place à la concurrence- et il s’est donc engagé à céder les activités de Suez dans la gestion de l’eau - ce qu’on appelait autrefois la Lyonnaise des Eaux - à Meridiam, une société d’investissement dans les infrastructures. Où est l’intérêt des usagers ? Où est l’intérêt des travailleurs ?

 Il y a péril. L’eau est le prochain grand défi pour l’Humanité. Nous avons besoin dans les années qui viennent d’investir massivement dans nos réseaux pour arrêter de perdre un litre sur cinq dans la nature à cause des fuites[2], pour protéger notre eau des pollutions chimiques. Ces investissements, justement, Véolia les refuse aujourd’hui. Elle préfère occuper les premières places des classements de rémunération des actionnaires. L’OPA qu’elle tente sur son concurrent direct aggravera cette logique mortelle. Placer Véolia en situation de monopole, ou vendre à la découpe notre réseau d’eau potable à des fonds spéculatifs aura pour conséquences : une eau plus chère et des canalisations en plus mauvais état.

L’eau est le bien commun le plus précieux. Il n’y a pas de vie possible sans. Le Collectif pour le retour en régie publique de l’eau sur Manosque et la DLVA milite pour des services publics de l’eau dans toutes les communes.

Ils devront accueillir tous les salariés qui gèrent les réseaux aujourd’hui pour des entreprises privées. Nous avons besoin d’eux, de leurs savoirs-faire et de leurs qualifications pour faire la bifurcation nécessaire en matière de gestion de l’eau. Mais pour cela, il faut d’abord bloquer l’OPA de Véolia. Aujourd’hui, Suez appartient à Engie. L’Etat français est actionnaire d’Engie. Il a donc son mot à dire. Le gouvernement français doit dire publiquement son refus de vendre Suez à Véolia. L’eau est une question trop sérieuse pour être l’objet d’une guerre économique entre actionnaires privés.



[1] La SEERC qui gère en DSP l’eau de Gréoux les bains est devenue SUEZ depuis octobre 2016.

[2] Même avec des progrès réalisés depuis 2012, avec un rendement d’environ 72 %, les communes de la DLVA ont des efforts à faire en matière de taux de fuite.