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jeudi 11 mars 2021

Sureté nucléaire : le lanceur d'alerte numéro un

 


Ce 17 mars, passe Gilles Reynaud au Prud’homme, pour déloyauté contre son employeur Orano (ancien nom : Areva). Gilles Reynaud est un lanceur d’alerte, il travaille dans la sureté nucléaire et il anime le site et l’organisation Ma Zone Contrôlée. Pourquoi ce nom :ce terme  fédère tous ceux qui font l’entretien sur les zones radioactives d’une centrale. Ces travailleurs sont en sous traitance depuis les années 90. "On a privatisé l’entretien des centrales nucléaires à cet époque maintenant, on décide de faire du low-cost "comme le dit Gilles. Si nous parlions de nourriture nous dirions de la mal bouffe, gilles parle de sureté Nucléaire low-cost.

Ma zone contrôlée revendique une évidence, les travailleurs de zone irradiée devraient être intégrer comme travailleurs d’EDF. Ils devraient avoir un statut qui protège leurs conditions de travail, leur santé. Cela protègerait aussi chaque habitant de la France d’une catastrophe majeure. Ces petites économies sur ce personnel est non seulement immorale, maltraitantes, mais aussi stupides et dangereuses pour nous tous et nous couterons une fortune, cela peut même nous ruiner. Que l'on soit pro ou anti nucléaire, la sureté est un bien communs précieux.

Depuis quelques décennies le capitalisme a décidé de faire plus de profits. Pour améliorer ses bilans les entreprises sous-traitent de plus en plus. Un poste passe inaperçue et il est méprisé car invisible par les décideurs à tableur Excel : l’entretien, la maintenance, un truc de loseur(qui nécessite pourtant une grande expérience). J’ai travaillé des années dans l’entretien de bâtiments et cet aspect est bien le dernier des soucis de nos dirigeants. Pas de budget pour entretenir, du budget pour construire du neuf oui. L’obsolescence programmée touche aussi le bâtiment et les grosses infrastructures ! La raison : invisible et à long terme ou surement parce qu’il n’y a pas de pot d’inauguration dans la maintenance. La maintenance est sur des temps longs, les décideurs sur des temps rapides. J’ai tellement voyagé en Absurdie que j’ai changé de métiers.

Alors quand Gilles Reynaud voit ce qu’il voit, il le rapporte sur son site. Quand une députée fait un rapport sur le nucléaire, il rapporte la vérité de son quotidien : une cascade de son traitants démotivés, des entretiens bâclés, une mascarade de papiers falsifiés, une logique de mensonge voulue par celui qui commande et veut des économies sans que cela soit dit, bref des injonctions contradictoires : tu dois faire bien l’entretien avec de moins en moins de temps et de de moyen. La députée devenue ministre de l’écologie ne la connais plus.

La maltraitance de la sous-traitance est tellement courante, que les costKiller, ces brillants cerveaux issus d’école de commerce la pensent infinie : ils pensent qu’ils peuvent toujours faire une économie dans cette case. Pour eux l’entretien, c’est juste une case d’un tableau Excel. Une case d’un gros montant, qu’ils peuvent modifier pour avoir une présentation PowerPoint de leur plan d’économies à la réunion à l’étage du haut du siège. Le marché de l’électricité est à la baisse, il manque des milliards à EDF ! La spéculation sur l’électricité fait perdre des milliards à EDF, ses concurrents revendent sa production à vils prix. Le résultat un trou financier. Le tableau Excel se met à cogiter et finit par décider d’un énième plan d’économies sur la maintenance, ce gros poste, on peut gratter beaucoup dessus sans que cela se voit!

La réalité est un carnage de désorganisation, d’aberrations, de mise en danger du personnel, la baisse de qualification du personnel, la démotivation, le recours à des travailleurs détachés. La réalité s’invite parfois et proteste.

Des cris se lancent et disent que l’entretien low-cost est une hérésie partout mais dans le nucléaire c’est une folie imbécile. Des cris se lancent et rapportent les souffrances, les dangers, l’absurdité.

Alors comme toujours face à la réalité qui ramène sa face, nos dirigeants, nos zélés zélites capitalistes, veulent la tordre, la faire taire, la réalité ce sont eux qui l’inventent, elle est à leur ordre, sinon elle est déloyale.

Comme disait le poète, le premier qui dit la vérité il faut l’assassiner, ici il faut le licencier.

Énorme soutien à Gilles Reynaud et à MA Zone contrôlée.

La sureté nucléaire est un bien communs précieux à ne pas privatisé et qui nous concernent tous. Pro ou anti, les radiations font pas de distinctions !

Revendiquons haut et fort l’Intégration des travailleurs précaires du nucléaires come agent Edf !

Le premier qui répond, « oui mais cela couterait beaucoup d’argent » à rien compris ou nous dirige (dans le mur). La vérité, c’est le contraire !

Communiqué de presse: http://www.ma-zone-controlee.com/

Merci d’en parler dans vos journaux, il y a urgence !

On a refait une version de Beart:

 

Le premier qui dit se trouve toujours sacrifié
D'abord on le tue
Puis on s'habitue
On lui coupe la langue on le dit fou à lier
Après sans problèmes
Parle le deuxième
Le premier qui dit la vérité
Il doit être licencier.

J'affirme que l'on m'a proposé beaucoup de promotions
Pour vendre des illusions
Dans le nucléaire
La sureté nucléaire c'est de la maintenance qui coute cher
Et dans la sous traitance
Y a pas de miracle

Le syndicaliste a dit la vérité
Il doit être exécuté.

 A palluel un  générateur est tombé de la grue
La faute a la sous traitance ?
ou à la gérance ?
Les vrais coupables sont pas apparus
En chœur ils se taisent
Moins d'argent pour la maintenance
gilles a dit la vérité
Il doit être licencier.

Le monde doit s'enivrer de discours pas de vin
Rester dans la ligne
Suivre les consignes
A Orano un syndicaliste de la zone contrôlé
Souffle dans la soupe
Où mange le groupe.

 


La fabrique de l'ignorance | ARTE

 


Quand tout sera privé, on sera privé de tout,

 


mercredi 10 mars 2021

Gardanne : Le cadeau de l’État à une centrale biomasse qui ne tourne pas (Marsactu)

 

Le cadeau de l’État à une centrale biomasse qui ne tourne pas

DÉCRYPTAGE
le 3 Mar 2021
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Marsactu : vous abonner c'est un bon journal !


L’État ne réclamera pas une trentaine de millions d'euros que lui doit en théorie Gazel énergie, propriétaire de la centrale gardannaise. Un coup de pouce que la ministre de l'Environnement Barbara Pompili assume, estimant que la centrale n'a pas pu fonctionner normalement jusqu'ici.

La centrale biomasse de Gardanne. Photo Clémentine Vaysse.

“Nous n’avons pas souhaité ajouter de la difficulté aux difficultés.” Au Sénat, la ministre de l’Écologie Barbara Pompili tire ainsi un trait sur plusieurs dizaines de millions d’euros qu’elle aurait dû réclamer à Gazel Energie, l’exploitant de la centrale biomasse de Gardanne. Ce 17 février, c’est le nouveau sénateur écologiste Guy Benarroche qui l’interrogeait et tentait de raviver une information révélée par Marsactu en 2019 : la conversion du charbon vers le bois est un échec et l’industriel ne remplit pas son contrat de fourniture d’électricité, qui lui donne droit à des subventions publiques.

De la même manière qu’un particulier qui a posé des panneaux solaires sur son toit, chaque kilowattheure produit par la centrale biomasse de Gardanne est automatiquement acheté par EDF à un prix très supérieur à celui du marché. En contrepartie, Gazel Energie doit respecter une production minimale de la centrale, stratégique pour faire face aux pics de consommation. Si Gazel énergie n’atteint pas ses objectifs annuels, l’État est en droit d’appliquer des pénalités.

30 MILLIONS D’EUROS DE PÉNALITÉ EFFACÉS

Dans ce cas précis, au lieu de fonctionner comme le contrat actuel le prévoit au moins 6400 heures, soit trois-quarts du temps, la chaudière a tourné, au mieux, 2526 heures la première année. Pire, en 2019, la production a été divisée quasiment par dix. Avec un tel niveau d’indisponibilité, c’est la pénalité la plus forte qui aurait dû être appliquée. Elle correspond au remboursement de la différence entre le tarif subventionné et le prix du marché. Selon nos calculs, cela représente une trentaine de millions d’euros sur les exercices 2018 et 2019.

“Certes, le contrat de rachat prévoit des pénalités si l’installation n’atteint pas une disponibilité minimale; mais, dans le cas de Gardanne, il a été jugé que la longueur, l’ampleur et les causes de la grève qui a paralysé le site ces dernières années justifiaient de ne pas les appliquer pour les années 2018 à 2020”, a justifié la ministre qui a par ailleurs négocié la fermeture des tranches fonctionnant au charbon, avec un pacte pour la transition écologique et industrielle signé fin décembre.

Uniper, l’ancien exploitant qui a vendu la centrale, ne disait pas autre chose dans son premier bilan, accusant les grévistes d’avoir entraîné des dommages pour leur outil de travail : “des mouvements de grève sous le slogan « pas de charbon, pas de biomasse » ont occasionné a minima une marche réduite et au pire des arrêts réguliers de l’unité. Cette marche dégradée, voire erratique, a participé à une usure prématurée de certains équipements prévus pour fonctionner en marche stable.”

“En 2020 elle n’a tout simplement pas tourné du tout, résume Jean Ganzhorn, ingénieur thermicien et militant de SOS forêts du sud. Elle ne marche pas et à mon avis, elle ne marchera jamais. Il y a toujours des problèmes techniques non résolus et la grève doit empêcher l’entretien.”

UNE “SUBVENTION DÉGUISÉE” POUR LES ÉCOLOGISTES

Grève ou problème technique, l’explication de la ministre n’a en tout cas pas vraiment convaincu Guy Bennaroche, dont le parti, Europe écologie-Les Verts, a très tôt dénoncé le gigantisme de l’unité biomasse. “Pour moi il y a deux problèmes : la subvention déguisée à une entreprise d’un côté et le sujet administratif avec l’absence de réclamation de ce qui est prévu dans un contrat, de l’autre”, estime le sénateur.

À la chambre haute, Guy Bennaroche n’a pas hésité à pointer les autres investissements dans les médias du patron de Gazel énergie, Daniel Kretinsky, et l’influence afférente pour tenter d’expliquer la mansuétude de l’État. Le milliardaire tchèque n’ignorait en tout cas rien de la fin programmée de la centrale à charbon, ni du contexte social tendu que cet abandon générait lorsqu’il a décidé d’acheteren juillet 2019. En novembre 2020, Gazel énergie, qui n’a pas répondu à notre demande d’entretien, a réaffirmé dans Bastamag son implantation gardannaise : “Cette unité biomasse va fonctionner ! Elle a nécessité 300 millions d’euros d’investissement depuis sa création, donc nous n’allons pas y renoncer comme ça ! Nous allons faire le nécessaire et modifier ce qui doit l’être.” Le PDG de Gazel énergie espérait lui en décembre dans une déclaration à l’AFP que sa centrale puisse “tourner à plein régime au printemps”. Avec un gros coup d’éponge de l’État sur son ardoise.

LES CENTRALES BIOMASSE, UNE FAUSSE BONNE IDÉE ?
Le choix de la reconversion des centrales à charbon en centrales biomasse à base de granules de bois ne convainc pas de nombreux scientifiques. Du point de vue du réchauffement climatique, le remède apparaît plus mauvais que le mal. “La raison est simple : lorsque la forêt est récoltée et utilisée pour la bioénergie, tout le carbone de la biomasse pénètre très rapidement dans l’atmosphère, mais il ne sera pas réabsorbé par de nouveaux arbres avant des décennies. Ceci n’est pas compatible avec la nécessité de s’attaquer d’urgence à la crise climatique” a indiqué Michael Norton, directeur du programme environnement de l’EASAC, une sorte d’académie des sciences européennes, dans une déclaration effectuée en décembre 2019 aux pays de l’Union européenne, cité par Les Échos. 500 scientifiques ont aussi signé une lettre dans ce sens à plusieurs chefs d’État.

(avec Jean-Marie Leforestier)